Henri Bergson (1859-1941)

Le philosophe reproche à l’intelligence de ne donner qu’une vision arbitraire et pragmatique du monde, de morceler et de solidifier la réalité mouvante. Selon Bergson, il y a sous les apparences créées par la vision artificielle de la raison, une vie secrète, frémissante et inconnue, surgissant de profondeurs abyssales où seule l’intuition peut nous donner accès. Ainsi en dehors et au travers du réseau des lignes purement idéales que la connaissance trace sur le monde, semble apparaître une réalité vierge avec laquelle l’homme ne peut communiquer que par l’intuition. « Le philosophe n’obéit ni ne commande; il cherche à sympathiser. »

L’élan vital bergsonien , courant de vie qui traverse la matière organisant et créant toute forme, anime toute espèce vivante. Source cosmique de toute existence ou, comme l'inconscient freudien vie intérieure et profonde de chaque individu, c’est une puissance secrète, impénétrable aux analyses superficielles de la raison. (Russ, Jacqueline. Les Chemins de la pensée. Philosophie . Paris: Armand Colin, 1988. F R-K)

L’Intuition philosophique.” Conférence au Congrès de Bologne, in La Pensée et le mouvant , p. 158. Alcan 1934.